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Pr. Patrick Pessaux, PU-PH

   Pr. Patrick Pessaux, PU-PH est Chef de Service de Chirurgie Viscérale et Digestive, Responsable de l’Unité de chirurgie Hépato-Biliaire et Pancréatique des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, au Nouvel Hôpital Civil. Après une formation initiale au CHU d’Angers en chirurgie digestive, il se spécialise en chirurgie hépato-biliaire, pancréatique et en transplantation hépatique à l’hôpital Beaujon avec le Pr. Belghiti. Il rejoint en 2006 les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg.
Titulaire d’un doctorat d’état ès Sciences en « Méthodes et Analyses des Systèmes de Santé » à Lyon 1, il s’intéresse aux innovations organisationnelles de notre système de santé. Par ailleurs, il développe une chirurgie hépato-biliaire et pancréatique innovante, mini-invasive, faisant appel aux nouvelles technologies dont la robotique et la chirurgie guidée par l’image au sein de l’Institut Hospitalo-Universitaire de Strasbourg dont il est Directeur Médical adjoint de 2015 à Juin 2020. 
Il participe à une recherche fondamentale translationnelle en tant que membre de l’Institut de recherche sur les maladies virales et hépatiques, unité de recherche INSERM 1110 et Laboratoire d’Excellence HepSYS dirigés par le Prof Thomas Baumert. 
Il est actuellement Président de l’Association Française de Chirurgie (AFC) et trésorier du Collège de Chirurgie Générale Viscérale et Digestive. Il est également l’auteur de plus de 350 publications dans des revues médicales nationales ou internationales.

Objectifs de la thématique : « Pertinence et Parcours de soins » 
Application aux pathologies hépato-bilio-pancréatiques.

Nous voulons tous le meilleur pour nos patients. Cependant, le monde de la santé et particulièrement de la chirurgie n’a pas la culture de « l’assurance qualité ». Cette évaluation de la qualité en médecine se traduit essentiellement par des indicateurs de processus ou quantitatifs voire par l’analyse des équipements technologiques disponibles. « Être un chirurgien virtuose mais opérer des patients qui n’en ont pas besoin…..» ne revient qu’à faire de la qualité sans aucune pertinence ! La non pertinence des soins est souvent synonyme de gaspillage et de sur-consommation. Or la sous-consommation est tout autant délétère, le renoncement aux soins est aussi une cause de non pertinence. Pour garantir un parcours de soins pertinent, la qualité des actes est non suffisante, enfermant chaque acteur à raisonner en silo avec des objectifs à court terme. Parler pertinence c’est aller au-delà avec un regard sur l’ensemble du parcours, décloisonner les pratiques, incluant l’évaluation de l’organisation et des indications, du suivi, de la coordination entre les différents acteurs.
La « Valeur en santé » (value based health care ou VBHC) est un modèle qui propose de mettre en regard des résultats qui importent aux patients (résultats cliniques, résultats d’expérience patient, résultats de qualité de vie rapportés par le patient), les coûts nécessaires à l’atteinte de ces résultats. Cette démarche volontaire pose les fondements et les conditions pour créer un cercle vertueux d’amélioration des pratiques. Mesurer et comparer, c’est à la fois mieux connaitre et comprendre ses pratiques, apprendre de l’autre, et continuellement se remettre en question. L’objectif n’est pas de pénaliser ou de stigmatiser mais bien de valoriser la qualité. Cette approche défend le passage d’une attention portée sur « l’organe », « la maladie » à une attention portée sur le « malade », « le patient ». 
Ces nouvelles démarches nécessitent de développer des outils adaptés pour le suivi et la transmission d'informations. Une évaluation en continu par l'utilisation des données en vie réelle permettrait d’introduire plus d’agilité entre les innovations et leur application. Les nouvelles technologies dont la digitalisation et l’apport de l’Intelligence Artificielle permettent d’envisager une évolution de la médecine vers une Médecine dite 4.0 ou plutôt 4P.0 : Préventive, Prédictive, Participative et Personnalisée. L’analyse de larges séries de données collectives permettront à chaque malade, maladie, et thérapie d’être totalement détaillée, justifiée, individualisée.
La résection chirurgicale est le seul traitement curatif potentiel pour le cancer du pancréas. Malgré la disponibilité de protocoles de chimiothérapie plus efficaces, le taux de survie reste faible, et donc un pronostic pour la plupart des patients encore sombre. Par conséquent, fournir des résultats qui importent vraiment aux patients, incluant des critères de qualités de vie est fondamentale (1-2). Il existe un arsenal thérapeutique pour la prise en charge des tumeurs primitives ou secondaires du foie rendant primordial de déterminer les séquences thérapeutiques n’oubliant pas d’inclure parfois en plus la gestion de l’hépatopathie sous-jacente. Cette complexité des options nécessite là encore d’évaluer la pertinence des parcours de soins en prenant en compte les attentes des patients (3). Le bénéfice d’un soin ne sera pas le même pour tous les patients selon les objectifs poursuivis.